Diane Arbus : Un certain regard

A flower girl at a wedding, Conn. 1964

Le Jeu de Paume à Paris propose une exposition de plus de 200 photographies de Diane Arbus, du 18 octobre 2011 au 05 février 2012. Les œuvres de la photographe, accrochées les unes à côté des autres dans de grandes salles blanches, forment un dédale de regards et de vies. Transsexuels, nudistes, vieilles stars déchues, cracheurs de feu, patriotes, enfants malades et trisomiques semblent tenter de s’extirper du cadre dans lequel ils sont prisonniers pour toujours. Diane Arbus capturait des âmes avec son flash révélateur, et n’hésitait pas à dévoiler rides, peaux flétries, grains de beauté. Elle s’est très tôt détournée de la photo de mode pour pouvoir partir à la rencontre de la «minorité tranquille » qui la fascinait.

Elle joue des frontières : entre l’humain et l’animal, entre le masque et le visage, entre le masculin et le féminin, entre la normalité et la marginalité. Son regard porte déjà en lui les paradoxes qui intéresseront des générations d’artistes américains, de Judith Butler à David Lynch en passant par Tom Waits. Elle isole les États-Unis en une galerie de portraits étranges. Les regards sont insolents, les visages exposés et son Amérique oscille dangereusement entre grandeur et décadence. À mesure qu’on avance dans les salles, dans lesquelles les photographies sont rangées selon un ordre chronologique, les images sont de plus en plus percutantes. Les deux dernières parties de l’exposition sont consacrées aux carnets personnels d’Arbus, et on y découvre une femme curieuse, passionnée par son art et surtout par tous ses modèles. Sur les murs, on lit : “Je voudrais photographier tout le monde”. Tout est dit.

Exposition organisée par le Jeu de Paume, Paris, du 18 octobre 2011 au 05 février 2012. Plus d’informations sur la page dédiée.
Crédit photo : Diane Arbus, A flower girl at a wedding, Conn. 1964.