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Sigur Ros à la Route du Rock

C’est probablement après l’écoute de Blueboy, un groupe de pop des années 90 signé sur le label culte Sarah Records, que j’ai repensé au concert de Sigur Ros à la route du rock. Ma rencontre avec la pop date probablement de Belle & Sebastian, il y a quelques années. C’est là que j’ai commencé à ouvrir mon horizon vers une sorte de pop différente de ce à quoi j’étais habituée , et leur album “Fold Your Hands Child, You Walk Like A Peasant” a ouvert la voie à une soudaine et totale mutation musicale pour moi. Belle & Sebastian, même s’ils ont beaucoup hérité de Sarah Records reste le groupe de pop le plus cher à mon cœur. Bref. Revenons-en à notre sujet, Sigur Ros et leur prestation live cet été.

Cet agacement intense que j’ai ressenti au concert de Sigur Ros ne peut s’expliquer sans que j’explique déjà que je ne peux souffrir Arcade Fire (parce que OUI ça nous a TOUS fait penser à Arcade Fire). Arcade Fire, Rock en Seine, il y a trois ans (je crois). En plein dans mon début d’histoire d’amour avec la pop, tout le monde me conseillait d’aller voir ce groupe déjanté (et il faut aussi savoir que j’ai en horreur ce terme, “déjanté”) et POP sur scène, parce que hein c’est quand même super trop génial. Bon, j’avais bien ri, je dois l’admettre.
Et bien Sigur Ros, à la route du rock, c’était un peu dans cet esprit. On m’avait bien prévenu de leur “revirement” de genre, sur lequel je ne m’étais pas penchée bien sûr - j’aurais dû, ça aurait évité le choc. Je n’ai rien de spécial contre Sigur Ros. J’ai même aimé leurs albums, à l’époque où on parlait beaucoup post-rock et que je trouvais ça trocool. J’écoutais souvent ça, en lisant par exemple. Un peu le même effet qu’un bon vieux best of de Billie Holiday en fait. Une tisane, Sigur Ros, deux pages de Proust et au lit. Et puis il y a eu la route du rock. Je dois dire que j’aime la route du rock tout particulièrement, et que je suis toujours moins difficile sur les concerts. Le début du set ne m’a pas dérangée, même si je trouvais ça passablement ennuyeux. Puis, ils ont commencé à mélanger morceaux brumeux de 10 minutes avec des chansons pop sautillantes de 2 minutes un peu limite. Je n’ai rien contre les revirements de situation et de genre, loin de là, par contre, j’ai quelque chose contre les mélanges avec des grumeaux (métaphore culinaire). Mon niveau de saturation est arrivé quand, dans un moment de plat musical (ie. une section cuivre criarde et un type qui frappe un rythme simpliste sur un tambour. *pitié*), les Sigur Ros ont jugé bon de balancer à la bonne franquette (tellement convivial) des jets de confettis (mais pitié, bis, on est pas à la kermesse) et autres lumières colorées façons ON A SUBI UN LAVAGE DE CERVEAU, YAHOO, CETTE VIE EST TELLEMENT BELLE, JE CHANTE MA JOIE. Mon état nauséeux du moment ne m’a donc pas permis de rester assister au carnage beaucoup plus longtemps. Le pire étant que tout le monde était joyeux et heureux d’assister au jeté de confettis, je le conseillerai définitivement à Céline Dion pour son prochain show à Vegas (oh, oui, ça va, je plaisante). Heureusement, j’étais avec des gens de goûts, et en un regard circulaire, j’ai compris que tout le monde avait vécu ce même écœurement.

Bien sûr, j’exagère, j’exagère toujours. Mais je suis agacée que dans l’inconscient collectif, un revirement pop soit forcément une overdose de sucre et des confettis à tous les coins de rue. Il me semble aussi que la pop est avant tout une esthétique musicale et une forme d’exigence. Mais peut-être que je me trompe.
Allez c’est décidé, la prochaine fois que je monte sur scène, j’achète les confettis.

Crédit photo : Cinquième nuit

You in your Autumn Sweater

yo la tengo

Pour commencer, pour finir, avant de partir, il faut avant tout se choisir un album de route, cet album pour se sentir partout à la maison.
Pour commencer ici, il suffisait peut-être juste de parler de I Can Hear The Heart Beating As One, parce que je connais chaque contour de cet album, chaque accélération, les soupirs, les douceurs, les amertumes et les guitares qui s’emballent.
La première écoute, c’était dans mon canapé, sceptique après May I Sing With Me. Yo La Tengo, ça ne me tentait pas plus que ça. Mais cet album, c’était le voyage dans ma vie, mais sur ce canapé, là, bête et heureuse. Tout ce que j’avais pu penser, vivre, tout ce qui m’avait plu et blessé, tous les jours et toutes les humeurs, c’était déjà dans les premières notes de Return to Hot Chicken. J’aurais trouvé ça niais d’avoir un album de chevet, avant de me trouver au milieu de celui-là. Comment j’aurais pu savoir que je n’étais pas entière et indivisible, mais que j’avais bel et bien laissé une parcelle de souvenirs inconnus entre les morceaux, là, blottie. Ces petits bouts de moi, et peut-être de nous tous, mais je n’y mettrais pas ma main au feu, qui vivent en autonomie juste pile dans les voix d’Ira, de Georgia et de James.
Il y a Damage, la ligne de basse, l’extrème mélancolie.
Du Beach Boys sur Little Honda.
Il y a la douceur, l’amour et un peu de l’enfance sur My Little Corner of the World,
L’oubli dans Deeper Into Movie,
Le crépuscule de The Lie and How We Told It,
Les promesses à l’infini d’Autumn Sweater,
Et le soleil se couche toujours sur Green Arrow.
Il y a toujours une vie qu’on laisse derrière, en étant sûre de la retrouver cachée là, quelque part dans les méandres de I Can Hear the Heart Beating as One.




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