Mon 2011 est rempli de vieilles choses, pas sorties cette année, mais qui ont su me marquer tout de même. Je ferai sagement, pour d’autres médias, mes tops 2011 de nouveautés, mais puisque je dis bien ce que je veux ici, voilà mon année 2011 en quelques noms, quelques découvertes.
En 2011…
Un concert : Joanna Newsom aux Bouffes du Nord le 15 janvier. J’ai déjà écrit mon ressenti sur ce concert sur Goûte mes Disques, mais un peu moins d’un an plus tard, je peux réitérer. J’ai écouté ses disques beaucoup trop souvent, et je m’empêchais de chanter à pleins poumons pendant tout le concert. Mon moment préféré était sans avoir à y réfléchir “Have One On Me”, une chanson qui prend tout son sens sur scène, qui monte et descent, avec laquelle elle sait jouer avec beaucoup d’habileté et d’espièglerie. Sa voix magique, ses doigts de fées, ses paroles cryptiques, il n’y a pas grand choses que je n’aime pas dans ce qu’elle chante. Toujours habitée, jamais tricheuse, toujours juste.
Un roman : Women In Love de D.H. Lawrence. J’en ai déjà parlé dans mon bilan à mi-chemin mais Women in Love est un chef d’œuvre absolu. Et pourtant cette année j’ai lu Le Rouge et le Noir, Madame Bovary, le Temps Retrouvé et Tender is the Night, qui m’ont tous secouée, mais Women In Love a fini de tisser ce lien indéchirable entre Lawrence et moi. “It was something beyond love, such a gladness of having surpassed oneself, of having transcended the old existence. How could he say “I” when he was something new and unknown, not himself at all? This I, this old formula of the age, was a dead letter.”
Un film : The Godfather de Francis Ford Coppola / Barry Lyndon de Stanley Kubrick. Petite exception pour les films, je n’ai pas pu départager les deux. Deux BO merveilleuses, deux films bourrés de scènes qui m’ont happée pour toujours, et surtout, deux films absolument cultes que j’avais honte de n’avoir pas vus. [c'est réparé à présent]
Un acteur : Al Pacino. Ayant tout à fait horreur de Scarface (ça arrive, même aux meilleurs), pour moi Pacino c’était le mec qui dit “fuck” tous les deux mots, un peu macho-beau-gosse-au-secours. Et puis je l’ai vu coup sur coup dans The Godfather et surtout dans Dog Day Afternoon de Sidney Lumet, où il est sublime. Alors j’ai bien été obligée de retourner ma veste. Surtout quand Heat a fini de me convaincre. Team Al !
Un disque : Real Estate, Days. J’ai aussi déjà écrit sur le sujet pour Goûte Mes Disques, mais deux fois valent mieux qu’une. Days a sauvé à la fois ma fin d’année, me permettant d’oublier les trajets en RER en me dandinant sur “Ohhhh It’s reaaaaaal”, et me faisant surtout voir cet avenir de l’indie pop auquel je ne croyais plus. J’ai ingéré des dizaines de disques de pseudo-twee pseudo-shoegaze en 2011, me laissant croire que l’indie pop était bel et bien enterrée dans les années 90. Passe à autre chose, ma vieille. Et puis, Real Estate et leur pop solaire, qui met de bonne humeur, qui fait du bien. Je n’en demandais pas plus. MERCI.
Une héroïne : Madame Bovary. Découvrir Flaubert est probablement l’une des meilleures choses qui me soient arrivées en 2011. Madame Bovary m’a permis d’entrevoir une autre façon d’écrire, différente et fascinante. Infusée de liberté et portée par cette héroïne merveilleuse, inconstante, ambigüe, un peu cruelle. Madame Bovary ne m’a jamais quittée.
Une série : Parks & Recreation. Beaucoup d’heures encore passées à regarder des séries, et malgré toutes les fictions super intelligentes que l’on regarde, mon Awwwwward de la série la plus attachante revient forcément à Parks & Recreation dont j’ai pourtant détesté la première saison. C’est drôle, c’est mignon, c’est bien joué, c’est “enjeu émotionnel” à tous les plans, bref, c’est fait pour moi.
Une ville : Venise. Je ne voyage pas souvent, mais en 2011 j’ai découvert l’Italie à travers les petits rios Venitiens. Et Venise m’a parlée. Je pense encore chaque jour aux reflets du soleil sur les petits campos vers 18h. J’ai découvert que les touristes ne font pas plus de 10 pas autour du lieu le plus touristique d’une ville. Ce qui laisse des kilomètres de Venise vide de sons et vide de visages, une Venise difficile à apprivoiser, sublime et désolante à la fois (parce que mangée par les moisissures). Et surtout, une Venise hors-temps.

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