Pour commencer, pour finir, avant de partir, il faut avant tout se choisir un album de route, cet album pour se sentir partout à la maison.
Pour commencer ici, il suffisait peut-être juste de parler de I Can Hear The Heart Beating As One, parce que je connais chaque contour de cet album, chaque accélération, les soupirs, les douceurs, les amertumes et les guitares qui s’emballent.
La première écoute, c’était dans mon canapé, sceptique après May I Sing With Me. Yo La Tengo, ça ne me tentait pas plus que ça. Mais cet album, c’était le voyage dans ma vie, mais sur ce canapé, là, bête et heureuse. Tout ce que j’avais pu penser, vivre, tout ce qui m’avait plu et blessé, tous les jours et toutes les humeurs, c’était déjà dans les premières notes de Return to Hot Chicken. J’aurais trouvé ça niais d’avoir un album de chevet, avant de me trouver au milieu de celui-là. Comment j’aurais pu savoir que je n’étais pas entière et indivisible, mais que j’avais bel et bien laissé une parcelle de souvenirs inconnus entre les morceaux, là, blottie. Ces petits bouts de moi, et peut-être de nous tous, mais je n’y mettrais pas ma main au feu, qui vivent en autonomie juste pile dans les voix d’Ira, de Georgia et de James.
Il y a Damage, la ligne de basse, l’extrème mélancolie.
Du Beach Boys sur Little Honda.
Il y a la douceur, l’amour et un peu de l’enfance sur My Little Corner of the World,
L’oubli dans Deeper Into Movie,
Le crépuscule de The Lie and How We Told It,
Les promesses à l’infini d’Autumn Sweater,
Et le soleil se couche toujours sur Green Arrow.
Il y a toujours une vie qu’on laisse derrière, en étant sûre de la retrouver cachée là, quelque part dans les méandres de I Can Hear the Heart Beating as One.

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